Encastrée dans le sol, donc chantier de gros œuvre
La différence entre une douche à l’italienne et un receveur posé n’est pas esthétique : l’italienne est encastrée dans le sol. Le siphon et la pente d’écoulement sont logés dans l’épaisseur du plancher, ce qui suppose de casser, de créer une chape et de refaire l’étanchéité.
C’est ce qui explique à la fois son prix (3 500 à 7 000 €), sa durée de chantier et son principal risque : une italienne ratée ne fuit pas dans la douche, elle fuit sous la douche, souvent chez le voisin du dessous, et la reprise impose de tout redéposer.
La hauteur disponible décide de la faisabilité
C’est le premier point à faire vérifier, avant même de parler carrelage. Le siphon extra-plat et la pente demandent une épaisseur sous le niveau fini. En maison individuelle sur vide sanitaire, c’est rarement un problème. En appartement ancien, sur une dalle qu’on ne peut pas entamer, cela peut être rédhibitoire.
Deux replis existent alors :
- le receveur extra-plat posé, qui conserve un ressaut de quelques centimètres, acceptable pour beaucoup, pas pour un fauteuil roulant ;
- la surélévation partielle du sol, qui recrée l’épaisseur nécessaire mais déplace le problème : il faut alors franchir une marche pour entrer dans la pièce.
Les trois points techniques qui font la durabilité
L’étanchéité SPEC. C’est le système de protection à l’eau sous carrelage : primaire, natte ou résine, bandes de renfort aux angles et aux jonctions sol-mur, traitement des passages de canalisation. Ni le carrelage ni les joints ne sont étanches : c’est le SPEC qui retient l’eau. Il doit figurer explicitement sur le devis, décomposé, pas résumé à « étanchéité ».
La pente. De 1 à 2 % vers le siphon, et surtout régulière. Une pente trop faible laisse stagner l’eau, une pente trop forte gêne la station debout et fausse l’assise d’un siège rabattable.
L’évacuation. Souvent en 90 mm contre 40 mm pour un receveur classique, pour absorber le débit sans refoulement. Le siphon doit rester accessible : prévoir la maintenance dès la conception évite un démontage de carrelage au premier bouchon.
Ce qui fait varier le devis
À gabarit égal, deux postes creusent l’écart :
- le déplacement des réseaux. Conserver la position des arrivées et de l’évacuation maintient le chantier dans sa fourchette basse. Les déplacer ajoute de la démolition et de la reprise de pente.
- le carrelage, facturé 40 à 90 € le m² selon le format et la qualité. Les petits formats et la mosaïque demandent plus de main-d’œuvre, mais leurs joints nombreux améliorent l’adhérence au sol, ce qui n’est pas un détail ici.
La paroi vitrée fixe (300 à 800 €) mérite d’être prévue dès le départ : sans retour d’eau, les projections gagnent le reste de la salle de bain, et un sol mouillé hors douche annule le bénéfice de sécurité.
Italienne ou douche sénior : ce n’est pas la même commande
Une douche à l’italienne décrit une technique de pose. Une douche sénior décrit un niveau d’équipement de sécurité. Les deux se recoupent souvent, sans se confondre.
Si l’objectif est de sécuriser une personne âgée, il faut demander les deux : un accès de plain-pied et le carrelage antidérapant, les barres d’appui ancrées, la robinetterie thermostatique, le siège. Commander une italienne seule donne une belle salle de bain qui laisse subsister le risque de glissade.
